La présidentielle américaine a permis de mettre en avant l’importance du numérique, de l’exploitation des données personnelles, tant pour communiquer que pour “prédire” les résultats (lire notre article Élections Américaines : le Big Data et les conseillers de l’ombre). La montée de Donald Trump, et son élection, certains analystes l’avaient “vue” dans leurs données. Pour l’élection présidentielle en France, il en va de même. La boule de cristal des sondages casse, progressivement, au profit d’une approche plus analytique, celle du Big Data. 

Le Big Data, vers la fin des sondages ?

Critiqués depuis des années, notamment pour leur manque de pertinence lors de certaines échéances électorales (voir le cas des primaires), les sondages ont vu juste pour l’élection présidentielle 2017. Les instituts de sondage ont pris leur revanche. Il suffit de voir les dernières prévisions Ipsos avant le premier tour pour voir que les tendances se sont vérifiées.

Les sondages sont-ils LA solution pour disposer d’une vision de l’opinion ? Non. Le Big Data a aussi émergé dans cette campagne. Notamment avec Filteris, entreprise basée au Canada, qui s’appuie sur l’ensemble des contenus publics publiés en temps réel à propos des candidats. Filteris misait sur François Fillon, raté. Mais les apports du Big Data furent réels, notamment pour mesurer le “poids” médiatique des candidats et leur influence. Tous, ou presque, ont “digitalisé” leur discours.

  • Ainsi, Macron est le le candidat du Big Data, avec un effort pour réaliser un  profilage du votant idéal et lui envoyer des contenus (à lire sur agenceinfolibre) ;
  • Jean-Luc Mélenchon est le candidat des réseaux sociaux ! A 65 ans, il arrive à créer le buzz, et utilise les outils les plus “modernes”. Chaîne Youtube, directs ou hologramme…
  • François Fillon fut lui le candidat au “poids” numérique le plus fort. L’influence des partisans et des soutiens est très puissante chez lui.

Faut-il s’en remettre aux sondages classiques ou aux nouvelles solutions de mesure telles que le Big Data ?  “Les seuls indicateurs fiables sont les instituts de sondage qui rendent compte de leurs travaux scientifiques devant la Commission des sondages, une instance indépendante” confie Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, enseignant à Science Po et à HEC, dans les colonnes de Capital.

Reste qu’avec leur aspect déclaratif (les sondés disent pour qui ils désirent voter) les sondages restent perfectibles. Idem pour le Big Data. Et si la solution était de mixer les deux approches ? D’intégrer l’observation possible avec le Big Data aux méthodes classiques, pour affiner la vision ? “Loin de mettre une claque aux enquêtes d’opinion, le big data crée une rupture dans les façons de faire. C’est l’avènement d’un système hybride” peut-on lire sur 20 Minutes. Une nouvelle ère, numérique.

 

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