L’analyse statistique, l’analyse vidéo, et plus globalement l’exploitation des données, sont devenus des points clés dans de nombreux domaines, et notamment dans le sport. Le football en particulier met en lumière cette utilisation de plus en plus poussée de la data. L’Euro 2016 peut-il être remporté par l’Allemagne, la sélection sans doute la plus avancée en matière d’exploitation du « Big Data footballistique » ? Certains observateurs y croient. Regardez cette interview expliquant le rôle de SAP par les Allemands :

Les données, la clé du football moderne ?

Lors de la préparation de la Coupe du Monde 2014, la sélection allemande utilisait déjà SAP Match Insights, une solution « globale » éditée par SAP, spécialiste des logiciels et solutions technologiques. Désormais, il faut parler de « Sports One », qui remplace SAP Match Insights. Le système permet à la fois de gérer l’aspect sportif d’une compétition (optimisation de la performance, gestion des joueurs, travail tactique, suivi médical, analyse vidéo…) mais également la partie business et management (salaires/contrats). Le Big Data des pelouses !

Comment le coach Joachim Low en est-il venu à utiliser un tel outil ? Face aux échecs précédents des Allemands. A l’Euro, mais aussi en Coupe du Monde, l’Allemagne est tombée à plusieurs reprises contre l’Espagne, avec un jeu plus rapide. Les joueurs allemands gardaient le ballon trop longtemps dans les pieds, en comparaison à leurs opposants espagnols. En 2010, pour la Coupe du Monde, le temps de possession étaient en moyenne de 3,4 secondes. Bien trop long. Décision a été prise d’utiliser l’analyse pour les entraînements, puis pour les matchs. Lors des entraînements, ce sont parfois jusqu’à 8 caméras qui permettent de contrôler les mouvements des joueurs, leurs contrôles, leurs courses… Big Brother et le ballon rond. Tout est suivi, débriefé.

Un algorithme pour prédire les penaltys

Certaines fonctionnalités sont très intéressantes dans ce « Sports One » édité par SAP (entreprise allemande). Elles pourraient donner à la Mannschaft un réel avantage lors de l’Euro 2016. C’est le cas notamment de la fonctionnalité associée aux penaltys. Le système, basé sur l’analyse de données, permet de prévoir à quel endroit du but un penalty va être tiré. Pratique pour aider le gardien à prendre les bonnes décisions. Le système peut même prédire le style de course du joueur. Manuel Neuer, le portier allemand, est-il condamné à suivre les instructions des algorithmes ? Non. Selon Oliver Bierhoff, manager de l’équipe d’Allemagne, cela n’enlève rien au talent du joueur, reconnu comme l’un des meilleurs gardiens actuellement. Mais « le Big Data, c’est énorme dans le sport » confie le responsable. Espérons que le football reste toutefois un sport à la dimension humaine et laisse une place à l’instinct… Mais des chercheurs de la Beijing Information Science and Technology University ont déjà créé des robots capables de jouer au football. Capables de courir, tacler, ils ont déjà battu leurs géniteurs 3-2. Le match n’était toutefois pas d’une très grande intensité… à découvrir ici en vidéo.

L’analytics n’est pas uniquement utilisé du coté joueur. Toute l’industrie sportive en profite. L’Analytics s’invite hors du terrain, notamment pour développer toutes les activités périphériques, de la billetterie à la gestion des spectateurs. Découvrez quel rôle joue l’analytics dans l’industrie du sport.

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Photo : boomcha7 / Flickr

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